le chene

Le Chêne

Voici bien des lustres, c’était l’automne, moi le petit gland je suis tombé du chêne paternel. Un écureuil qui passait par là m’a ramassé et emporté dans des broussailles ou il m’a enseveli en pensant pouvoir me manger l’hiver venu…Mon premiers hivers passa .Personne ne vint me prendre.
Le petit animal roux m’avait certainement oublié. La douceur printanière me fit exploser, je senti en moi l’irrésistible envie de grandir et d’aller la haut au dessus des grandes herbes pour trouver ces doux rayons du soleil que j’aime tant. Je n’avais qu’un seul but : pousser, et d’enfoncer profondément mes racines dans le sol ou je cherchais avec avidité nourriture et eau.
Un jour, j’ai eu très peur, un garnement du village voisin essaya de m’arracher. Il me tira dans tous les sens, me tordit, je résistai et il abandonna la partie.
Ce fut mon premier combat !!Gagné celui ci. Pendant de longues années je n’ai fait que croître. Je dépasse maintenant et de beaucoup tous les arbres qui m’entourent. Les paysans m’aperçoivent depuis leurs champs, je suis presque aussi haut que le clocher pointu que j’ai vu construire.
Maintenant a l’ombre de mon feuillage les villageois viennent s’assoire…Et de rire et de chanter, de conter fleurette aux jouvencelles….
Je peux vous dire que je sais tout des amours des habitants de mon village !! De leurs chagrins aussi..

J’étais heureux !!!
Hélas, un jour d’automne froid et sec, des bûcherons, a grand coup de hache m’ont terrassé. Apres avoir coupé mes branches, six forts chevaux me traînèrent jusqu’au village devant la porte du charpentier.
J’étais triste et anxieux, mais les propos entendus éveillèrent ma curiosité : on me mesurait, en long, en large et en travers !!
Les enfants du village s’essayaient a compter mon age mais peu y arrivèrent !! .Les saisons passèrent, nombreuses encore, mon cœur ce desséchait petit a petit. Plus personne ne s’intéressait a moi. Même les enfants ne grimpaient plus sur mon dos. Mais un beau jour on parla a nouveau de ma personne !!Une poutre maîtresse dans une grande bâtisse.
Le charpentier se mis à l’ouvrage ; équarrie, sciée, je fus hissé non sans peine tout en haut d’une demeure qui venait de sortir de terre.
AH mes amis !! Je sais maintenant Ce que veux dire poutre maîtresse et j’en suis fière.
J’ai vécu là bien des siècles et j’ai observé en silence la vie des hommes, leurs joies, leurs peines, leur folie n’a pas de nom et après une guerre sans merci, je me suis retrouvée meurtrie, abandonnée. Les ardoises qui me protégeaient se sont envolées, j’ai résisté tant que j’ai pu mais les pierres qui me soutenaient ont commencé a tomber et a bout de résistance je me suis écroulé dans un fracas terrible parmi mes amis d’infortune.

La, enfouie sous les gravas, envahie par les ronces dans le silence et l’oubli j’agonisais.
Durant des lustres !!Moi, je le plus bel arbre de la foret…
Des jours, des années, des siècles….
En passant, un paysan m’a enfin remarqué, tiré des décombres avec mes amies de misères ou se qu’il en restait car elles n’étaient pas aussi fortes que moi !!
J’étais quand même mal en point, fendue pourrie par endroits. Le lierre avait pris racine dans mon cœur.
On me débita en morceaux pour me mettre au bûcher moi qui n’ai fait que du bien aux hommes !! Qui suis un survivant des temps anciens.
J’ai attendu encore longtemps, serré contre de jeunes bûches à peine plus grosse que mon cœur qui était bien lourd !!
Je criai, je hurlai les soirs de pleine lune, mais qui voulez vous qui entendent un vieux chêne, honteux et abîmé par le temps !
OH miracle !! Quelqu’un m’a enfin remarqué non pour me mettre au feu, c’était encore la belle saison ! Oh non !!! Mais pour enlever la gangue de bois qui protégeait mon cœur et je suis devenu cette sculpture qui était en moi depuis toujours et qu’un artiste a fait apparaître .Elle était là depuis le premier jour et je ne la connaissais même pas !!
Je suis revenu à la vie, mon cœur s’est remis à battre et les hommes recommencent à me prêter attention

IL m’arrive pourtant d’être encore un peu triste en pensant à toutes ces belles bûches parties en fumée.
Mais je suis la aujourd’hui pour témoigner.
Et a nouveau je vois les hommes vivre, les enfants grandir et mon cœur bas très fort dés qu’un homme me regarde ou me caresse. Il en est même qui me parlent mais là je n’en dirais pas plus….
Philippe

 

J’ai écris cette histoire après avoir fait une sculpture dans une vielle poutre, je suis sur qu’elle est vrai !!

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8 réflexions au sujet de « le chene »

  1. Merci pour cette magnifique histoire et pour la seconde vie que vous rendez à toutes ces pièces de bois. Elles n’attendaient que vos ciseaux pour renaître ainsi que vous le décrivez si bien ici.
    Bien sûr que cette histoire est vraie !

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  2. Je reconnais bien là ton talent de conteur, une histoire d’amour et de par la même les relations et l’interet pour autrui et l’amour des belles choses. Toujours de belles scultures qui d’un bois noble ou moins en ressort un objet de qualité et magnifique a voir ou à toucher. Je vois que tu es toujours en forme. Continu tes scultures et laisse encore ton imaginaire de poète vagabonder a bientôt de te visiter michel

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